lusitanien

Lusitanien

Joyau de l’élevage portugais depuis des siècles, archétype du cheval baroque, excellant à la guerre, en tauromachie et en Haute Ecole, élu des princes et des écuyers de la Renaissance au XIXème siècle, améliorateur universel de races, le Pur-Sang Lusitanien a joué un rôle immense dans l’histoire équestre. De nos jours, grâce à ses qualités multiples, il connaît un renouveau fulgurant, s’intégrant très bien dans notre contexte du cheval de loisirs et s’illustrant brillamment dans diverses disciplines sportives modernes telles le dressage, comme il l’a prouvé avec Catherine Henriquet-Durand, ou l’attelage puisqu’il obtenait le titre de Champion du Monde 1996 avec Félix Brasseur ! Il a donc enfin retrouvé ses lettres de noblesse longtemps perdues…

Race antique de la Lusinatie

Le Lusitanien existe dans le sud de la Péninsule ibérique au moins depuis -1000 ans av. J.C et même probablement depuis le XIIIème ou XIIème siècle av. J.C (voire depuis le Paléolithique selon certains). Il est de même souche que le cheval de Pure Race Espagnole [P.R.E], avec lequel il a parfois été englobé sous le terme d’Andalou ou de cheval Ibérique. Il reçut d’ailleurs encore du sang espagnol au début du siècle par de nombreuses importations de sujets des plus pures castes andalouses, en particulier de type « Cartujano » [chevaux Chartreux]. Le terme « Lusitanien » naissait en 1966, lors de la création de son stud-book et donc de sa scission officielle d’avec le P.R.E. Officiellement nommé « Pur-Sang Lusitanien » depuis 1990, il doit sa dénomination à une antique province romaine, la « Lusitanie » qui comprenait principalement l’actuel Portugal.

Apogée, déclin et renouveau

Dès l’antiquité, il devait asseoir sa réputation mondiale grâce à ses incomparables talents guerriers. Tous les auteurs ayant décrit les durs combats livrés vantent les extrêmes qualités des chevaux des cavaliers Ibères qui leur permettaient de pratiquer une équitation particulière, nommée équitation à la « Gineta » – à la « Genette ». Ce type de monte, dont dérive l’actuelle tauromachie, exigeait une incomparable mobilité face à l’ennemi, les pirouettes, les arrêts et les départs les plus foudroyants… Brillant en Haute Ecole à la Cour portugaise du temps de sa splendeur, en particulier au XVIIIème siècle, il affirmait aussi sa bravoure lors des « Touradas » [Corridas Portugaises à cheval]. En 1790, le traité intitulé « Luz da Liberal e Nobre Arte da Cavalaria »de Manõel Carlos de Andrade, consacré au célèbre Marquis de Marialva, illustre magnifiquement les qualités des superbes chevaux du Manège Royal de Lisbonne et le goût portugais pour l’art équestre classique.  Au XIXème siècle, avec la mode des nouvelles disciplines équestres, le Lusitanien perdait son hégémonie mondiale. Mais heureusement, au Portugal, les gentilshommes continuèrent l’équitation classique et la « Tourada », assurant ainsi sa pérennité. Depuis une trentaine d’années, le Lusitanien réamorce une flambée assez spectaculaire dans son pays et dans le monde entier.  

Un type baroque mais fonctionnel

Le Lusitanien se caractérise d’emblée par sa noblesse, sa beauté, sa souplesse, son équilibre, sa maniabilité… La noblesse s’exprime dans son regard et dans la fierté de ses attitudes. Toutes sont admises, mais la robe est le plus souvent grise, baie, voire bai-brune très foncée ou même encore isabelle, palomino, crème, alezane..; la crinière et la queue sont très fournies. Son modèle, de type baroque, est très typé, harmonieux, avec un profil de tête souvent subconvexe, une encolure bien sortie et une croupe arrondie mais assez inclinée. Sa taille moyenne avoisine les 1m60 mais la sélection actuelle tend à l’augmenter. Sa morphologie très spéciale  lui confère des allures particulières, relevées, brillantes, énergiques et confortables. Il fait preuve d’un équilibre naturel exceptionnel, d’une extrême mobilité et souplesse, d’une maniabilité tout à fait hors du commun et d’une remarquable facilité pour le rassembler. Son caractère représente aussi un atout majeur : noble, fougueux, courageux et « fin », il demeure néanmoins docile et sociable et gentil, ce qui permet généralement de le conserver entier. Extrêmement rustique, sobre et fertile, doté d’une très bonne longévité, le Lusitanien est néanmoins tardif, n’achevant sa croissance que vers 7 ans.