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Retour sur expérience de Gitti, monitrice formée par l’institut du cheval et de l’équitation portugaise

J’ai rencontré M. Pereira en 2010, juste avant la fin de l’année. J’ai assisté à une séance de son travail avec Auro, son cheval Alter Real et des séances de longe avec trois autres chevaux de son écurie et j’étais fasciné par la précision de sa communication et son approche amical avec ses chevaux.

Avec un niveau galop 7 FFE en bagage, beaucoup d’interrogations, et une forte envie d’apprendre et d’améliorer mes capacités équestres, j’ai pris régulièrement des cours avec M. Pereira, pendant un an. J’ai eu la chance de pouvoir monter ses chevaux lusitaniens qui sont dotés d’une grande capacité de compréhension, d’une finesse et d’une souplesse exceptionnelles. Aljezur, Apre, Auro, Bemposto, Bespiço, Distinto, Malmequer, Xelim, ces garçons formidables qui ont généreusement supporté mes maladresses et m’ont permis de développer ma sensibilité équestre. Carlos Pereira m’a fait revenir aux fondamentaux de l’équitation classique et plus spécifiquement à l’équitation de tradition portugaise, incluant des séances de basse école et l’observation des exercices de haute école qu’il pratique avec virtuosité. J’ai assisté à des séances d ‘entraînement de la cabriole ! Outre l’enseignement pratique exigeant, Carlos Pereira m’a permis d’aborder la culture équestre avec de la lecture, la compréhension et l’application des préceptes enseignés par les écuyers des 19è et 20 siècles, et Nuno Oliveira en prime !

Le travail des chevaux à pied faisait partie intégrante de la formation : travail en longe, en liberté, à pied manière baucher, les longues rênes et l’attelage, étant donné que tous les élèves chevaux de Carlos Pereira sont mis à l’attelage dès la phase de stabilisation de leur éducation.

S’ensuivent deux années de formation professionnelle de monitorat, avec enseignement pratique à l’écurie et théorique en centre de formation. Un voyage d’étude au Portugal avec la visite de l’école portugaise d’art équestre, le haras d’Alter real, le zoo de Lisbonne en assistant de près à une séance de communication avec les dauphins, la participation au Salon du Cheval et à la Nuit du cheval en 2013, aux spectacles équestres, à un programme de recherche en communication homme-cheval, à des conférences à l’école vétérinaire de Maisons Alfort, à la Sorbonne, un colloque à l’Ambassade du Portugal à Paris avec l’écuyer en chef de l’Ecole portugaise d’Art équestre de Lisbonne, l’écuyer Michel Henriquet, Alexis Gruss, un spectacle au Grand palais des quatre écoles d’art équestre, une rencontre avec la directrice du Musée de cheval de Chantilly. En 2013 j’ai obtenu mon monitorat avec Aljezur, ce petit cheval Alter Réal formidable que Carlos a bien voulu me confier pour mes épreuves équestres.

J’ai abordé la tauromachie, avec le simulateur et pu faire l’expérience de la souplesse et de la réactivité du Lusitanien. Les sorties en attelage, en single et en double, l’équitation de travail appelaient un même niveau d’exigence de précision et d’économie du geste. La fine communication était le mot d’ordre et la souplesse du cheval pour évoluer dans les mouvements harmonieux.

Grace à la générosité de Carlos et la confiance qu’il a bien voulu m’accorder, j’ai pu continuer à travailler avec ses chevaux, donner des cours à d’autres élèves, me nourrir intellectuellement des expériences et échanges autour du cheval et d’affiner mon acuité équestre. En 2016, j’ai à nouveau intégré sur plusieurs jours un spectacle équestre, de musique et de danse au théâtre d’Amiens, réalisé par Carlos Pereira et ses collaborateurs.

En hiver 2015, j’ai fait la connaissance de quatre jeunes Lipizzans. La propriétaire de Lipizzans, sous recommandation de M. Pereira m’a confié leur préparation et leur débourrage les week-ends et j’ai pris énormément de plaisir à me familiariser avec ces quatre merveilles et à leur faire accepter la coopération dans le travail en longe, à pied en balade, les premières séances montés. Ces chevaux étaient destinés à la vente. Carbone Siglavy, entier mâle avait 3 ans à l’époque et je suis littéralement tombé sous le charme du petit cheval curieux, réceptif et docile. 

Un an après, j’ai pu réaliser mon rêve et acheter Carbone. Pour pouvoir m’occuper de lui quotidiennement, j’ai changé d’écurie. 

Depuis nous poursuivons notre apprentissage, lui pour devenir un cheval de dressage épanoui, plein de ressources et confiant, moi pour m’améliorer dans mes gestes, dans la compréhension de ses besoins, de la progression de son éducation afin de parvenir à une communication fine et à des mouvements harmonieux. Nous avons déjà appris la levade à pied, dont mon idéal de l’expression, en selle, se trouve à l’école épagnole de Vienne. Nous avons abordé le changement de pied isolé au galop qui reste à confirmer et à asseoir. Mon plus grand bonheur est de ressentir la motivation de mon petit cheval lorsque nous essayons de bien faire les figures du dressage, sa capacité de concentration et l’expression de son envie de se porter en avant. 

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